Objectif : Construire sans erreur les trois types de phrases avec « si » et les utiliser pour argumenter.
La règle d'or
Après le « si » qui introduit une condition, on n'emploie jamais le futur ni le conditionnel. C'est l'autre partie de la phrase, la conséquence, qui porte le futur ou le conditionnel. La condition peut venir en premier ou en second : « Si vous avez le temps, venez » et « Venez si vous avez le temps » ont le même sens.
| Condition (si…) | Conséquence | Sens |
|---|---|---|
| Présent | Présent, futur ou impératif | Réel ou probable |
| Imparfait | Conditionnel présent | Imaginaire dans le présent ou l'avenir |
| Plus-que-parfait | Conditionnel passé | Imaginaire dans le passé, regret |
Si + présent : une condition réaliste
On l'utilise quand la condition peut vraiment se réaliser. La conséquence se met au présent pour une vérité générale, au futur pour un résultat attendu, ou à l'impératif pour un conseil.
Si les loyers continuent d'augmenter, les jeunes quitteront le centre-ville.
Si vous hésitez entre deux formations, demandez à rencontrer d'anciens élèves.
Si + imparfait : imaginer une autre situation
L'imparfait après « si » n'exprime pas le passé : il présente une situation imaginaire, peu probable ou simplement proposée. La conséquence se met au conditionnel présent. C'est la construction la plus utile pour argumenter, car elle permet de proposer une mesure et d'en montrer les effets sans l'affirmer comme certaine.
Si les transports en commun étaient moins chers, beaucoup d'automobilistes changeraient d'habitude.
Si j'étais maire, je transformerais les cours d'école en jardins ouverts au quartier.
Si + plus-que-parfait : revenir sur le passé
On imagine un passé différent de ce qui s'est produit. La conséquence se met au conditionnel passé (« aurait » ou « serait » + participe passé). Cette construction sert à exprimer un regret, un reproche ou à tirer une leçon d'une expérience.
Si la commune avait consulté les habitants, le projet n'aurait pas provoqué autant d'opposition.
Si j'avais commencé l'anglais plus tôt, je serais aujourd'hui plus à l'aise en réunion.
Les mélanges possibles
On peut croiser les deux dernières constructions quand la condition est passée et la conséquence présente : « Si j'avais accepté ce poste, je vivrais aujourd'hui à Montréal ». La condition est au plus-que-parfait, la conséquence au conditionnel présent, car elle concerne le présent. Ce mélange est naturel et montre une bonne maîtrise.
Pour argumenter à l'écrit et à l'oral
- Proposez une solution avec « si + imparfait » : « Si l'on réduisait le temps d'écran des enfants, ils dormiraient mieux. ».
- Nuancez avec « même si » (suivi de l'indicatif) : « Même si cette mesure coûte cher, elle serait rentable à long terme. ».
- Variez les tournures : « à condition que » (+ subjonctif), « en cas de » (+ nom), « au cas où » (+ conditionnel).
- Relisez chaque « si » de votre texte : c'est l'endroit où l'on trouve le plus souvent un conditionnel fautif.
L'erreur fréquente
✗ Si j'aurais plus de temps, je ferais du bénévolat.
✓ Si j'avais plus de temps, je ferais du bénévolat.
Après « si » de condition, jamais de conditionnel : on emploie l'imparfait. Le conditionnel appartient à la conséquence (« je ferais »).
Exercice corrigé
1. Si les villes ___ plus d'arbres, les étés seraient moins pénibles.
2. Si vous ___ le formulaire avant vendredi, votre dossier sera traité ce mois-ci.
3. Si nous étions partis plus tôt, nous ___ le train.
4. Quelle phrase est correcte ?
5. Complétez : « Même si ce projet ___ cher, il profitera à tout le quartier. »
Prochaine étape
Mettez cette leçon en pratique
Écrivez une tâche du TCF et recevez un niveau estimé selon les critères officiels. Gratuit.